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Comme une impression de déjà vu, cette saveur douce-amère d'une fumisterie dont on prendra la mesure qu'après coup, pour changer. Une impression de pluralisme "nouveau" comparé à "d'autres scrutins", l'émergence de fraicheurs politiques dynamiques, ambitieuses, réalistes, "révolutionnaires" (l'occurrence soumise, scarifiée et brisée "révolution" perd, jour après jour toujours plus de saveur...).

Et puis vient le lendemain, la gueule de bois, la fraicheur se fane et laisse place aux tièdes recettes surannées. Mais après tout mieux vaut tortorer le périmé que faire de nouvelles courses. Certains y trouveront la peine futile, quand d'autres lui préfèreront la pétition complètement hallucinée pour l'élection symbolique française d'un ex-président américain au bilan guerrier redoutable et récipiendaire du prix Nobel de la paix ; mais nous ne sommes plus à une contradiction prêt.

Sous le prétexte irrationnel de voter "par principe/utile/sanction", sans penser une seconde à l'utilité concrète du geste, nous nous fourvoyons dans l'illusion grotesque, ayant accompli ce devoir de citoyen qui consiste à offrir sans contrepartie aucune ou presque un blanc-seing à un aréopage de mythomanes et leurs affidés, de narcissiques, de cyniques, d'arrogants, de fieffés menteurs, de mégalos, de tricheurs assidus, de prévaricateurs, de névrosés, de paternalistes, de falsificateurs, de prédateurs, quasiment hors contrôle et hors justice et qui objectivement assument, souvent décomplexés, ces beaux attributs au cœur de nos politiques françaises.

Le vote. Puis l'électeur oublie, s'oublie, cédant respectueusement et avec déférence sa souveraineté. Les révolutions à venir et leurs corollaires ne sont pas (encore) établis. Mais leurs prémisses douces et discrètes existent et fleurissent. Encore est-il nécessaire de vouloir une telle évolution. Nous ne prétendons pas vouloir reformer mais révolutionner. Nous n'exigeons pas l'évolution plastique, la réforme du capitalisme grisonnant en vert de ses formes et de ses avortons, nous imposons son abolition et son remplacement.

L'abstention n'est pas une fin, elle est un moyen. Un début. Nous ne renouvelleront pas notre adhésion à l'association. Allons nous adonner à la tradition séculaire du vote et démissionnons une fois de plus ou abstenons nous (et spéculer sur un boulevard éventuel offert au FN est fallacieux, quand les indécis pourraient également s'abstenir). Les abstentionnistes politisés ont toutes les raisons de hurler quel que soit le résultat : ils ne veulent plus jouer "truqué", ils ne veulent plus se vautrer lascivement dans une redistribution sempiternelle des cartes, ils veulent en changer. Ils veulent changer les règles.

Abstenons nous. Non pas pour pêcher à la ligne, mais pour prendre enfin en mains nos moyens. Et travaillons à l'instauration d'une démocratie réelle, une démocratie directe : car elle est un sublime outrage!

Gile

Tag(s) : #Expression libre

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