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Que sait-on de l'abstention, la véritable favorite de la présidentielle ?

Le 17 avril 2017

"Premier parti de France", volatile et idole des jeunes : que sait-on de l'abstention, la véritable favorite de la présidentielle ?

Avant le scrutin, franceinfo dresse le portrait de l'insaisissable abstention, créditée de plus de 30% des intentions de (non-)vote, dans les récents sondages.

Vous ne la verrez ni aux débats, ni en meeting au Zénith, ni même sur le plateau de Laurent Ruquier... L'asbtention est la candidate la plus discrète de cette élection.

A peine a-t-elle accordé une interview, à la revue politique de gauche Regards, début mars. "Il faudrait que je pense à gouverner, un de ces jours", s'amuse-t-elle.

Dans cet entretien exclusif, elle évoque la présidentielle à venir, tacle les candidats, et dément être "la cause de la crise démocratique".

Plus politique qu'elle en a l'air, qui est vraiment l'abstention ? Franceinfo tente de dresser le portrait de cet énigmatique trublion du scrutin présidentiel.

Le "premier parti de France" ?

Emmanuel Macron et Marine Le Pen cavalent en tête des sondages depuis des semaines. Mais le 23 avril, au soir du premier tour, c'est sûrement elle qui arrivera en première position.

L'abstention pourrait séduire entre 32% et 35% des électeurs, selon, respectivement, le Cevipof et l'institut Ifop.

"Cette année, tout le monde y met du sien pour me porter à des sommets", reconnaît-elle, dans Regards. Si ces anticipations se confirment, l'abstention pourra sabrer le champagne, car elle sera alors sans conteste "le premier parti de France" à la présidentielle.

N'en déplaise au Front national, qui s'était approprié le titre avant même ses succès aux élections européennes de 2014.

Un tiers d'abstentionnistes serait exceptionnel, tant le scrutin présidentiel est roi en France.

C'est celui qui anime les conversations des repas de famille et attire les électeurs aux urnes, quand les autres – législatifs, locaux ou européens – ont toujours un peu plus de mal à mobiliser les citoyens, avec un record atteint aux élections législatives de 2012 (42,78% d'abstention au premier tour, 44,59% au second).

C'est donc un énorme challenge pour l'abstention, qui oscille en général autour des 20% à la présidentielle, depuis la première élection au suffrage universel direct de la Ve République, en 1965.

Une fois seulement, elle a dépassé les 30%, au second tour, en 1969.

A l'époque, la gauche est divisée et le Parti communiste, éliminé au premier tour, appelle à l'abstention contre les "candidats de la bourgeoisie", Georges Pompidou et Alain Poher.

Le journal L'Humanité soutient cet "acte hautement civique", raconte Slate.

Au lendemain de la victoire de Pompidou, pas de cris d'orfraie dans la presse, pas un gros titre. Le Figaro consacre deux petites phrases à l'abstention, visiblement pas assez grande pour mériter plus : "Le Parti communiste n'a pas obtenu de son électorat l'obéissance totale qu'il en attendait. S'il en avait été ainsi, les abstentions se seraient élevées au-delà de 40% des inscrits."

Rien à voir avec le déferlement médiatique autour de l'abstention au soir du 21 avril 2002. Cette année-là, c'est la star du premier tour.

Alors que 16 candidats se disputent les suffrages des Français, 28,4% des électeurs boudent les urnes et le frontiste Jean-Marie Le Pen se qualifie pour le second tour, face à Jacques Chirac.

Revers de la médaille, l'abstention est alors montrée du doigt, accusée de "faire le jeu du FN" et donc de "mettre en danger la démocratie".

Mais qu'importe les attaques, les pratiquants sont toujours plus nombreux.

Lire la suite :
http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/premier-parti-de-france-volatile-et-idole-des-jeunes-que-sait-on-de-l-abstention-la-veritable-favorite-de-la-presidentielle_2128227.html

Tag(s) : #Matières Grises

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